Esthétique d’une saga

Thomas Tripet

25.05.2013

 — 21.06.2013

Dessins, peintures et sculptures

Thomas Tripet étudie et pratique les Beaux-arts en écosse jusqu’en 2010. Il vit et travaille actuellement à la Chaux-de-Fonds. Son travail illustre un univers narratif par le dessin et la sculpture dans lequel l’artiste cherche une esthétique idéale, particulièrement inspirée par des costumes folkloriques et les arts premiers.

Ses sculptures rappellent aussi les costumes cubistes ainsi que les recherches structurales des mouvements avant-gardistes des années 1920. Une esthétique à la fois belle et pratique éclaire les possibilités d’utilisation de ces formes dans le design et l’architecture.

Pour sa prochaine exposition, toujours obnubilé par l’esthétisme parfait, Thomas s’inspire de la Saga. Thème pour le moins stimulant puisqu’il propose à l’artiste de raconter une fiction ou une légende, non plus par le biais d’un récit, mais par la peinture et la sculpture.

Si l’on considère que le mot vient du verbe segja, «conter», «raconter», l’esthétique se suffit à elle-même pour nous fait percevoir le monde fantasmagorique de Thomas: on discerne des bateaux, des tours, des luges, etc. Un archaïsme flirte avec la recherche de l’élégance dans les formes, la couleur éclate et disperse les images, exprimant un ensemble brutal, mouvementé.

Sans jamais les relier à la réalité, ses œuvres nous amènent à voyager; en nous. Un self- voyage, une plongée dans l’imaginaire inconscient; Thomas ne nous raconte pas le voyage, il nous épilogue sa beauté, son esthétisme, qui résonne en chacun de nous.

Actuellement, le mot «saga» est repris dans le langage courant pour désigner un cycle romanesque en plusieurs volets ou certaines œuvres à caractère épique. Que vivent les personnages iconiques inventés par Thomas ? Aux éclats de couleur qui hantent ses peintures aux néocolores, on pourrait croire qu’ils sont reliés à l’enfance ; et puis, ce n’est pas à cet âge-là qu’on imagine le plus?

À l’instar de Nicolas Bouvier, Thomas croyait peut-être faire un voyage, et finalement c’est le voyage qui l’a fait, ou l’a défait. Et nous, simples regardeurs, visiteurs, quelles traces, quelles réflexions va nous apporter son imaginaire?

Corinna Weiss