Jennifer Mermot – Ein Kopf

12.12.2015

 — 19.12.2015

Markus est un de ces personnages qui interpellent. Dans la rue, assis à se curer les pieds au soleil parmi les badauds, sans ressentir la moindre honte à s’adonner à une activité aussi agréable que condamnée par la morale et les usages, il paraît libre.
Lorsqu’il déroule le fil de sa vie, on découvre que cette liberté a été cher payé tant par lui que son entourage.
Sa tronche, la richesse de ses expressions souvent plus éloquentes que son discours fait de périphrases propres à perdre le plus attentif des interlocuteurs, sont un sujet en soi.

Son visage buriné par ses choix constitue une matière fertile pour le peintre : on y lit toute une palette d’émotions dont on sent qu’elles sont sincères et découlent de son indépendance
gagnée pied à pied face au conditionnement de nos existences, imposé autant par les autres que par nous-mêmes.
Tel un Diogène de Sinope de notre temps, il rend notre quotidien inconfortable si tant est que nous soyons attentifs à ce qu’il dit.

Markus, donc, s’est soumis de bon gré à deux séances de mitraillage tout en gesticulations, chuchotements, hurlements à la façon d’un certain théâtre dont j’oublie le nom.
L’artiste essaie de retranscrire une partie de ce caractère frondeur dans les portraits qui constituent cette exposition, laissant seuls juges ceux qui en seront les spectateurs.
Jennifer Mermod et Olivier Perrinjaquet