La Ville / Die Stadt (Winterthur – La Chaux-de-Fonds)

Photographies de Georg Aerni

25.08.2013

 — 21.09.2013

Les expositions proposées par Franzisky Matter et Céline Froidevaux se regroupent sous le titre de «La Ville / Die Stadt»
Ces expositions auront lieu dans différents endroits des villes de Winterthur et de La Chaux-de-Fonds.
Des artistes de ces deux villes participent à cet événement qui a pu voir le jour grâce au Künstlergruppe de Winterthur, au soutien de la fondation Winterthur – La Chaux-de-Fonds, ainsi qu’au pourcentage cuturel de la Migros.
C'est dans ce cadre que la Locomotive à l'honneur d'accueillir

«El jardín de los ciclopes»

Des bâches blanches dans un paysage montagneux. Des bassins de formes diverses, des rues désertes bordées de cubes en plastique à l’allure abstraite.

C’est ainsi que se présentent les nouveaux travaux de Georg Aerni. Ceux qui le connaissent le reconnaitront. Le regard du photographe se pose sur ce qui nous est familier et étranger à la fois, nous montre que la beauté des formes peut parfois aussi se rapprocher d’une certaine répugnance.

Ce témoignage photographique sur la réalité de paysages en ruine, ne provoque pas en nous une aversion, mais nous amène plutôt à une forme de méditation.

L’artiste zurichois est connu pour ses photographies documentaires. Malgré un langage pictural franc, on trouve dans ses images des éléments à la fois poétiques et oppressants.

La série de photographies « El jardín de los ciclopes » est née au sud de l’Espagne, dans la région de Campo de Dalías. Cette dernière se situe à l’est de la ville d’Almería et fait partie de ce que l’on appelait jadis, le parent pauvre du sud de l’Espagne.

Depuis les années 1960, la région a connu une forte croissance économique. L’utilisation récurrente des serres, couplé à l’engagement d’une main d’œuvre très bon marché venant essentiellement du nord de l’Afrique, en a fait un des principal exportateur de produits agricoles en Europe. En conséquence, c’est là que l’on trouve l’un des plus grand amoncellement de serres du monde, apportant évidemment son lot de problèmes écologiques et sociaux.

Dans ce travail, George Aerni a réussi à faire des photographies à la fois documentaire et artistique, notamment par une composition de l’image rigoureuse et souvent surprenante, profitant spécialement à la topographie spécifique du lieu.

La position surélevée du photographe permet à la fois un regard distant sur des paysages de plastiques quasi aseptisé et un regard plus proche dévoilant la matérialité des serres.

Ces formations sont-elles de l’architecture ? Si oui, sommes-nous en face d’une ville, d’une grande ville inoccupée ?

Où se situe la frontière entre artificiel et naturel ? En effet, étant donné que tout ce qui est artificiel est fait de la main de l’Homme, dans le but de produire des denrées alimentaires naturelles pour nos besoins de base. Quid du fait de niveler des collines entières afin d’obtenir des terres cultivables horizontales ?

C’est bien là la problématique de la transformation du paysage faite par l’Homme qui nous est révélée dans les photographies de Georg Aerni.

Librement traduit du texte original de Marion Wild